LA FRATERNITE DE L'ABBAYE DE LA LUCERNE

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Mgr Lalanne

Diacre

HOMELIE DE L'ASCENSION DU SEIGNEUR
 (Année C)

   

Ac 7, 55-60     Ap 22, 12-14, 16-20     Jean 17, 20-26

Icône de l’Ascension, Novgorod, Russie, fin XV°

Aujourd’hui, nous célébrons la solennité de l’Ascension élément qui appartient aux Symboles de la foi. L’extrait de Luc que nous venons d’entendre rapporte avec sobriété cet épisode : « Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. ». Malgré cette sobriété du récit biblique, cet épisode est décisif pour notre foi. Il est intimement lié au mystère de la résurrection ainsi que l’extrait de la Lettre aux Hébreux le souligne. En effet, l’Ascension accomplit la Pâque de Jésus : en rejoignant le Père sans rejeter sa nature humaine, il établit une communion définitive entre l’homme et Dieu. « Nous avons là une voie nouvelle et vivante qu'il a inaugurée en pénétrant au-delà du rideau du Sanctuaire, c'est-à-dire de sa condition humaine. Et nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère, et dans la certitude que donne la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. » Ressuscité, assis à la droite du Père, le Seigneur fait entrer « notre nature humaine avec sa faiblesse dans la gloire de Dieu ».

En cette Année de la Foi pendant laquelle nous sommes invités à entrer dans le cœur de notre foi chrétienne, cette célébration de l’Ascension prend une coloration particulière. En effet, lors de cet événement, les disciples ont été invités à vivre une conversion dans leur attachement au Christ. C’est cette même conversion qu’il nous faut vivre sans cesse. Depuis la résurrection du Seigneur, ils ont eu la grâce de le côtoyer : ils l’ont rencontré, ils l’ont écouté, ils ont mangé à ses côtés... Luc le souligne dans l’introduction de son livre des Actes : « C'est aux Apôtres qu'il avait choisis qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu. » … Les Apôtres sont restés au contact du ressuscité dont ils ont pu vérifier la réalité concrète. Ils ont vécus dans son intimité comme avant sa mort et sa résurrection, tout en percevant combien tout était différent.

Or l’objectif de l’année de la Foi décrétée par le Pape Benoît XVI est bien de favoriser cette intimité quotidienne avec Jésus et sa Bonne Nouvelle. C’est ce que le pape François rappelait le 20 mars dernier : « Cette initiative […] sera un stimulant pour le cheminement de foi de chacun […] proposant en quelque sorte un pèlerinage vers ce qui représente l’essentiel pour chaque chrétien : le rapport personnel et transformant avec Jésus Christ, Fils de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. »

Dans cette relation personnelle avec le Christ ressuscité, l’Ascension marque ainsi une étape décisive. Jésus n’est plus présent. Il n’est plus là, comme il l’était auparavant. Il n’est plus là, et pourtant il reste présent. Il n’est plus là, et pourtant il continue de parler à ses Apôtres. En apparaissant régulièrement à ceux dont il fait ses témoins, Jésus leur propose comme un chemin de purification, pendant 40 jours. Ce chiffre « quarante » symbolise le temps privilégié des révélations divines. Ainsi peut-on évoquer les quarante ans du peuple d'Israël dans le désert, ou bien les quarante jours que Moïse passa au sommet du Sinaï. Pendant les quarante jours entre la Résurrection et l'Ascension, Jésus propose à ses Apôtres comme une « formation intensive » qui leur permettra d’enter dans un nouveau mode de relation avec Lui. Ce nouveau mode de relation, nous le découvrons notamment dans le récit des disciples d’Emmaüs.

Quelle est cette nouvelle présence ? Je commencerai par en souligner deux aspects, suggérés par le récit des disciples d’Emmaüs. Le deuxième est le plus évident : alors que Jésus rompt le pain en le bénissant, les yeux des disciples s’ouvrent et ils reconnaissent sa présence. A cet instant, Il disparaît à leurs yeux. Mais cette acte de foi est précédé, préparé par une autre présence qui rend leur cœur « tout brûlant » : ce sont les Écritures par lesquelles Jésus leur permet de découvrir son mystère. Par l’Eucharistie, par la Parole, Jésus est là. Tout joyeux, ils repartent vers Jérusalem afin d’informer la communauté de sa résurrection. La communauté devient alors le garant et l’acteur de sa présence. Par l’Eucharistie, par la Parole, au cœur de la communauté, l’Église Corps du Seigneur, Jésus reste bien présent à notre monde.

A l’image des Apôtres, nous sommes dans cette situation nouvelle. En effet, nous ne voyons pas Jésus et pourtant nous savons, nous croyons qu’il est là, agissant par ses sacrements, se rendant présent par l’eucharistie. Nous ne l’entendons plus comme ont pu l’entendre ses contemporains, et pourtant il nous parle par sa Parole. Il est bien là par son corps qu’est l’Église, manifestation de sa présence en notre monde, l’Église qui est chargée de manifester sa tendresse pour tous les hommes. Il est bien là mais nous devons faire un acte de foi pour nous ouvrir à sa présence, réalisation de la béatitude proclamé lors de l’apparition à Thomas : « heureux ceux qui croiront sans avoir vu ».

Avant de célébrer son eucharistie, demandons la grâce de croire en sa Présence. Demandons surtout que cette présence nous transforme et fasse de nous des témoins zélés et courageux.

Amen

Père Nicolas Courtois

lire aussi "les homelies du dimanche" sur le site de l'Abbaye de Mondaye
http://www.mondaye.com 

 


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